De la charité à l'assurance...
Ancien condisciple de
Napoléon Bonaparte au collège de Brienne, ce préfet connaîtra un mandat d'une rare longévité, 38 ans, sans doute en raison de sa souplesse et de sa capacité à ne jamais s'identifier totalement au régime en place. Cette politique lui vaudra l'appui de nombreux notables de la région,
Dubois de Crancé, Gobet-Boisselle, Garinet, les frères Perrier, sur lesquels il saura s'appuyer pour la reconstruction économique du département, en particulier l'agriculture pour laquelle il se passionnait dans sa ferme de Jessaint. Il soutient ainsi les recherches de
l'agronome Alexandre Godard et l'élevage des moutons, ceci en vue de relancer l'industrie du textile qui faisait jadis la richesse de la région.
La nouvelle caisse reprend l'essentiel des traits des anciennes caisses diocésaines, celles de Châlons et celle de Reims créée en 1779, bien qu'elle soit désormais départementale et ne réalise plus qu'une quête annuelle.
Placée sous la direction d'un bureau de
neuf membres nommés par le Préfet parmi les plus importants notables de la Marne.
La Caisse va connaître certaines difficultés en 1814 et 1815 à la suite des invasions. Le dédommagement tombe alors à 1/5 de la valeur des biens. Les années qui suivent sont encore difficiles avec des vendanges et des récoltes médiocres.
Les années 1820 voient l'émergence des premières compagnies d'assurance privées, et alors que
la Caisse des incendiés ne cherche pas à dégager de bénéfices, les attaques contre elle sont récurrentes, il faut dire que la concurrence est difficilement tenable pour les compagnies privées face à la compétitivité de l'offre de la Caisse.
En 1880, une nouvelle étape est franchie en incluant
une évaluation des risques. On s'oriente alors vers une tarification des dons selon la nature des biens et les risques plus ou moins grands qu'ils peuvent courir.
Dans les années 1889, la Caisse des incendiés se laïcise annonçant avant l'heure la séparation de l'Eglise et de l'Etat.